Paru aux Éditions Eyrolles, juin 2025
Il y a quelques semaines, une amie m’a invitée à la présentation d’un livre au titre intrigant : Comprendre l’invisible pour manager autrement. Je ne connaissais ni l’autrice, Catherine Cianci, ni son ouvrage. Mais ce titre a immédiatement éveillé ma curiosité.
En tant que facilitatrice du changement, je suis convaincue qu’un projet de transformation ne peut réussir durablement que s’il est soutenu — voire porté — par les dimensions invisibles, à la fois individuelles et collectives. Ce sont elles qui déterminent la profondeur et la sincérité du changement. Ce mot, invisible, m’interpelle depuis longtemps. Il m’inspire, me pose question, m’invite à explorer ce que l’on perçoit sans voir et sans savoir.
Un autre principe du changement : on ne peut pas résoudre un problème de l’invisible avec des outils du visible. Encore faut-il connaître les bons outils, les bonnes approches, les bons chemins pour y accéder… Ce livre m’a précisément aidée à mieux les entrevoir.
Une lecture qui fait écho à mon propre parcours
Je ne vous ferai pas de résumé détaillé de l’ouvrage — je pense qu’il mérite d’être lu dans son intégralité. Ce que je veux partager ici, c’est ce que cette lecture a changé en moi, ce qu’elle a ravivé, confirmé ou déplacé.
Je me suis longtemps perçue comme une personne très mentale : analytique, rationnelle, avec un fort besoin de comprendre. Lors de ma formation de coach, une formatrice m’avait invitée à faire appel à mon intuition. Ma réponse, à l’époque, avait été : « Je ne suis pas sûre d’en avoir… ou en tout cas, pas une qui soit fiable. »
Depuis, beaucoup de choses ont changé.
J’ai découvert que mon intuition est bien présente, et qu’elle est fiable — à condition de l’écouter. Cette lecture m’a aidée à mieux comprendre comment elle fonctionne chez moi. Elle s’exprime avant tout à travers le corps. Une tension dans la nuque, une contraction subtile, parfois même un frisson étrange… Ce sont des signaux corporels qui, aujourd’hui, me servent de boussole.
J’ai aussi appris à faire confiance aux images qui émergent en moi pendant une écoute attentive. Souvent, quand je les partage, elles résonnent étonnamment bien chez mon interlocuteur — parfois même plus qu’en moi. Cette forme d’intuition me touche profondément, et j’ai désormais envie d’en parler plus dans mes accompagnements en milieu professionnel. Nous avons tous de l’intuition. Encore faut-il lui laisser une place, et apprendre à l’utiliser avec justesse.
Un ouvrage accessible et bien structuré
Le livre est composé de deux grandes parties, chacune articulée en six chapitres.
- La première partie propose une exploration théorique des éléments de l’invisible : symbolique, intuition, énergie, émotions…
- La deuxième partie ancre ces notions dans des situations professionnelles concrètes.
Chaque chapitre alterne entre apports théoriques, questions réflexives, témoignages inspirants (deux interviews par chapitre) et pistes d’exercices pratiques. Un bel équilibre entre réflexion, expérience et mise en mouvement.
Ce que j’en retiens, profondément
Ce livre m’a aidée à rendre l’invisible un peu plus tangible — ce qui peut sembler paradoxal… et pourtant. Pour quelqu’un comme moi, avec un fort besoin de sens et de compréhension, c’est une vraie richesse que de pouvoir appréhender des notions subtiles à travers des repères concrets.
Un autre point qui m’a interpellée est la place de la symbolique dans les organisations. Catherine Cianci nous invite à y prêter attention, sans dogmatisme. Chacun est libre d’adhérer à ce qui lui parle. Par exemple, je reste peu sensible à la numérologie, mais j’ai été touchée par sa réflexion sur la force des couleurs et les messages symboliques véhiculés dans nos environnements de travail : titres de fonction, places de parking, agencement des bureaux… Autant de signes qui en disent long sur une culture d’entreprise, son histoire, ses règles implicites, sa capacité d’évolution. Pour une accompagnatrice du changement, ce sont des portes d’entrée précieuses.
Enfin, un chapitre m’a particulièrement marquée : celui sur la suprématie du mental et l’invitation à développer notre intelligence spirituelle, en lien avec la théorie des quatre corps : mental, émotionnel, physique et énergétique.
Ce passage m’a permis de mieux identifier mes propres déséquilibres :
- Mon corps mental est très développé : j’apprends, je comprends, je conceptualise facilement.
- Mon corps émotionnel me fait sentir qu’une pensée trop cartésienne devient de plus en plus pesante.
- Mon corps physique est probablement le moins mobilisé aujourd’hui.
- Et mon corps énergétique est en pleine croissance, nourri par la méditation et le contact avec la nature.
Ce que j’ai trouvé puissant dans ce chapitre, c’est l’idée que la société nous pousse parfois à valoriser un corps qui n’est pas notre corps principal — à adopter des modes de fonctionnement qui nous éloignent de notre essence profonde. C’est une hypothèse que j’ai envie d’explorer davantage, pour moi-même mais aussi dans mes accompagnements.
En conclusion
Dans ce livre, j’ai trouvé des confirmations de choses que je pressentais déjà, des nouvelles perspectives à explorer, et aussi quelques propositions qui me parlent moins — et c’est très bien ainsi.
C’est une lecture qui m’a nourrie, apaisée, questionnée. Si vous avez envie de mieux comprendre l’invisible en vous, ou autour de vous, et comment il peut enrichir votre posture de leader, de coach, de manager ou de facilitateur·rice… je vous le recommande vivement.
Bonne lecture… et belle exploration de l’invisible.

