Est-ce que le travail nous rend malades ? L’heure d’une réflexion fondamentale

Aujourd’hui, plus d’un demi-million de personnes en Belgique sont en incapacité de travail de longue durée, soit plus que le nombre de chômeurs. Depuis 2017, la balance a définitivement basculé. Le phénomène s’amplifie d’année en année et a un impact lourd : pour les salariés (perte de revenus et de contacts sociaux), pour les organisations (perturbation, perte de productivité) et pour la société (explosion des dépenses sociales).

Le burn-out a doublé en six ans

La dernière étude des Mutualité Libres (MLOZ) montre à quel point l’évolution est spectaculaire :

  • Le burn-out sera en tête de liste des causes d’entrée en invalidité en 2024, avec 11 131 nouveaux cas, soit 13 % du total. C’est le double (+94 %) par rapport à 2018.
  • La dépression suit en deuxième position, avec 6 227 cas (+16 % depuis 2018). Ensemble, le burn-out et la dépression représentent plus d’un nouveau dossier sur cinq.
  • D’autres maladies mentales telles que les troubles anxieux (+52 %), la dysthymie (+56 %) et les troubles liés au stress (+106 %) connaissent également une forte augmentation.
  • Les malaises et la fatigue sont également frappants : le nombre de cas a plus que doublé (+126 %).

Les troubles musculo-squelettiques (maux de dos, problèmes articulaires) restent également une cause importante, mais l’évolution est variable : certains diminuent, d’autres augmentent fortement (ex : arthrose du genou +44 %).

Groupes vulnérables

L’étude met également en évidence des différences claires entre les personnes touchées :

  • Les femmes sont surreprésentées dans l’épuisement professionnel et les troubles mentaux (65 % et 58 %).
  • Les jeunes (<40 ans) représentent une part croissante des nouveaux cas. Le burn-out chez les jeunes <30 ans a augmenté de 22 % en six ans.
  • Les ouvriers sont plus susceptibles de souffrir de troubles musculo-squelettiques, tandis que les employés sont particulièrement touchés par le burn-out.
  • Le nombre d’indépendants en incapacité de travail a considérablement augmenté ces dernières années (+49 %).

La prévention est nécessaire, mais pas suffisante

Bien sûr, nous devons nous concentrer davantage sur la prévention et l’information. Nous devons oser nommer les causes de la maladie mentale et briser la stigmatisation. Mais la prévention seule ne suffit pas. Nous devons examiner de plus près la façon dont le travail est organisé et géré aujourd’hui.

Le leadership doit changer

Je pense qu’il y a une clé cruciale ici : le leadership doit être davantage orienté vers l’humain. Cela nécessite une écoute approfondie, une réelle compréhension de la façon dont les gens sont assemblés et le courage de faire place à la vulnérabilité et au dialogue. Tant que les managers se concentreront principalement sur le contrôle et l’efficacité, les signaux d’alarme continueront à s’accumuler.

Un leader du futur n’est pas quelqu’un qui « impose », mais quelqu’un qui sait écouter attentivement, se connecter et donner de l’espace. Quelqu’un qui prend à la fois la performance et le bien-être au sérieux. Aujourd’hui, il y a encore trop peu de leaders de ce genre. Il est également important de comprendre que plus d’humanité dans le leadership ne signifie pas moins axé sur les objectifs !

Le travailleur a aussi un rôle à jouer

Mais les employés et les indépendants ont aussi une responsabilité : l’auto-leadership. Cela signifie :

  • Développer une connaissance approfondie de soi : quels sont mes besoins, mes limites, mes donneurs d’énergie ? Mais aussi quels sont mes points d’attention ?
  • Affirmation de soi : apprendre à fixer clairement des limites sans se sentir coupable.
  • Entrer dans un dialogue : oser parler de ce qui est difficile, au lieu de le cacher jusqu’à ce que l’organisme présente l’addition.

Il ne s’agit pas d’un luxe de « soft skill », mais d’une base nécessaire pour rester en bonne santé dans un monde du travail de plus en plus exigeant.

Il est temps d’adopter un paradigme différent

Les chiffres laissent peu de place à la nuance. Il ne s’agit pas seulement d’individus qui ne sont « pas assez forts », mais d’un système qui a un effet répugnant.

Nous sommes confrontés à un choix : continuons-nous à poursuivre aveuglément le paradigme actuel du travail ? Ou osons-nous créer une refonte fondamentale du travail, dans laquelle le bien-être, l’humanité et l’efficacité vont de pair ?

Je m’engage à un changement de paradigme de la part des employeurs, ainsi que des employés et des indépendants, car le travail n’a pas à être un fardeau et devrait en fait être quelque chose de positif dans la vie d’une personne.

Si vous voulez en savoir plus sur ma philosophie et mon approche, faites-le moi savoir.